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Nanotechnologies et produits cosmétiques


L’Industrie cosmétique a mis au point différentes innovations issues des nanotechnologies. Il s’agit essentiellement de nanodispersions liquides et de nanomatériaux.


Qu'entend-t-on par nanotechnologies?


Les nanotechnologies ou les nanosciences sont un domaine de recherche scientifique dynamique récent qui s’intéresse aux matériaux de très petites dimensions.
Leur nom provient du mot grec "Nanos", qui signifie extrêmement petit. Le préfixe "nano" est utilisé pour décrire un milliardième (10-9) d'une unité de mesure et est symbolisé par la lettre "n".
Ainsi, les nanotechnologies traitent-elles des substances dont la taille est située entre 1 et 100 nanomètres (un nanomètre est égal à un milliardième de mètre). Ces éléments sont appelés "nanoparticules".

A titre de comparaison :
- le diamètre d'un cheveu est 1000 fois plus gros ;  
- celui d'un globule rouge est 70 fois plus gros;
- la taille d'une molécule d'eau est environ 100 fois plus petite.


Les nanoparticules utilisées dans les produits cosmétiques


Les nanoformulations liquides
Ces nanoformulations regroupent des nano-émulsions et des nano-capsules. Les nano-émulsions sont des préparations renfermant des gouttelettes d’eau ou d’huile de taille nanométrique, préparées à l’aide, par exemple, d’ultra-sons.
Les nano-formulations ont plusieurs avantages, en termes d’efficacité du produit d’une part, de texture d’autre part.
•    En termes d’efficacité
Les nano-émulsions permettent de protéger des éléments actifs mais fragiles à l’air, comme les vitamines, dans des systèmes nanométriques appelés tels que liposomes ou nano-capsules.
Au contact de la peau ces structures de taille nanométrique se désagrègent et libèrent les éléments qu’elles contiennent, préservés de l’oxydation. Les ingrédients actifs restent ainsi efficaces pendant la conservation du produit et sont libérés là où ils agissent.
•    En termes de texture
Par ailleurs, les nano-émulsions offrent la possibilité d’avoir des préparations à forte teneur en huiles (huiles nutritives dans les produits capillaires par exemple) sans l’inconvénient d’une texture grasse.
 
Les nanomatériaux
Le Règlement « Cosmétiques » du 30 novembre 2009 a introduit une définition du nanomatériau : un matériau non soluble ou bio-persistant, fabriqué intentionnellement et se caractérisant par une ou plusieurs dimensions externes ou par une structure interne, sur une échelle de 1 à 100 nm et un système d'encadrement de l'utilisation des nanomatériaux dans les produits cosmétiques.
Parmi les nanomatériaux, le plus connu et le plus utilisé est le dioxyde de titane (TiO2). Ce filtre minéral est connu pour sa capacité à réfléchir, disperser et absorber les rayons ultra-violets (UV) et à protéger contre les effets délétères induits par une exposition prolongée au soleil. Il est utilisé dans les produits de protection solaire sous la forme de nano dioxyde de titane depuis bientôt 20 ans.
Le dioxyde de titane sous forme nanométrique présente un double avantage : c’est un filtre solaire plus efficace, notamment pour absorber les UV. En outre, le dioxyde de titane nanométrique est moins blanc, plus transparent que la forme micrométrique. Il est plus agréable d’appliquer un produit de protection solaire qui ne rend pas le visage ou le corps «tout blanc».
En complément avec d’autres filtres, notamment organiques, le dioxyde de titane est incontournable et permet d’obtenir des indices de protections solaires UVB et UVA très élevés, bien équilibrés, qui jouent un rôle essentiel dans la prévention des cancers cutanés.


L’évaluation de la sécurité de ces nanotechnologies


Les ingrédients cosmétiques à l’échelle nanométrique sont-ils sûrs ?

D’un point de vue scientifique, les nanomatériaux sont questionnés sur deux types de risque : une réactivité cellulaire et tissulaire particulière en rapport avec leur très petite taille (pour la même quantité de matière, la surface de contact est plus grande), et un risque de passage de barrières physiologiques, comme la peau ou la barrière pulmonaire.
Par ailleurs, la même interrogation se pose s’agissant de la dissémination de ces particules dans les écosystèmes, leur histoire naturelle étant encore mal connue.


Évaluation de la sécurité - Nanoformulations
Les nanoformulations liquides n’exposent pas à ces risques. Les nanoémulsions et les liposomes sont des systèmes qui se désagrègent en leurs constituants (eau ou huile) au contact de la peau et qui ne posent pas de problème de sécurité lors de leur utilisation en cosmétique (voir l’avis du Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs SCCP/1147/07, 18 décembre 2007).
Les méthodes conventionnelles d’évaluation du risque sont suffisantes, car le caractère nano de ces éléments ne nécessite pas d’évaluation particulière.


L’Industrie cosmétique, pionnière de l’encadrement des nanomatériaux
L’Industrie cosmétique a été le premier secteur économique à se doter d’un encadrement spécifique des nanomatériaux.  
Le Règlement "Cosmétiques" du 30 novembre 2009 a introduit un nouveau système d’encadrement des nanomatériaux.
Il impose une évaluation spécifique par le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs des nanomatériaux devant figurer dans une des listes positives du Règlement cosmétique (colorants, conservateurs, filtres UV).
Il impose à toute entreprise qui souhaite commercialiser un produit contenant un nouveau nanomatériau, d’en informer, 6 mois avant la mise sur le marché, la Commission européenne. En cas de doute, cette dernière pourra requérir l’avis du Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs.
De plus, l’entreprise doit indiquer la présence de ces nanomatériaux dans la liste des ingrédients qui figure déjà obligatoirement sur tous les produits. Une règle d’étiquetage a été prévue à cet effet : nom de l’ingrédient [nano]. Cela donne par exemple : Titanium dioxide [nano].


Evaluation de la sécurité - Nanomatériaux
L'évaluation de la sécurité des nanomatériaux utilisés dans les produits cosmétiques doit suivre les règles publiées par le Comité Scientifique pour la sécurité des consommateurs dans son guide publié en juin 2012 ("Guidance on the safety assessment of nanomaterials in cosmetics" :http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consumer_safety/docs/sccs_s_005.pdf).


Avis du Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs
Le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs a rendu des avis favorables à l'utilisation dans un produit cosmétique des nanomatériaux suivants :
•    Carbon Black (nano-form) - SCCS/1515/13 – 12 December 2013 - Revision of 27 March 2014
•    2,2’-Methylene-bis-(6-(2H-benzotriazol-2-yl)-4-(1,1,3,3-tetramethylbutyl)phenol) nano form - SCCS/1443/11 - 23 July 2013
•    Titanium Dioxide (nano form) - SCCS/1516/13 - 22 July 2013 - Revision of 22 April 2014
•    1,3,5-Triazine, 2,4,6-tris[1,1’-biphenyl]-4-yl- - Adopted by the SCCS during the 12th plenary meeting of 20 September 2011
•    Zinc oxide (nano form)  - SCCS/1518/13 - 23 July 2013 - Revision of 22 April 2014


Le dioxyde de titane
Absence de passage transcutané du nano dioxyde de titane
•    NANODERM - Etude européenne
Une vingtaine d’études de la pénétration percutanée du dioxyde de titane sous forme nanométrique dont celles menées dans le cadre du programme européen de recherche NANODERM, ont montré que le nano-dioxyde de titane ne pénètre pas dans les couches vivantes de la peau.
Ces études ont été conduites sur différents modèles in vivo ou in vitro, après administration unique ou réitérée, sur peau saine ou altérée, en utilisant de nombreux supports formulatoires différents, sur différents types de dioxyde de titane (enrobé ou non, forme et taille des cristaux différents), et par des acteurs aussi différents que des industriels, des équipes de recherche académiques et des agences gouvernementales.
•    Ministère de la Santé australien
En Australie, où le gouvernement est très sensible aux questions touchant à la protection solaire et où 78% des produits de protection solaire contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane, une revue exhaustive de la littérature scientifique a été effectuée en 2006 par le Ministère de la santé.
Cette revue a conclu à l’absence de pénétration des nanoparticules de dioxyde de titane en deçà des couches supérieures de la couche cornée de la peau. Cette conclusion a été confirmée en 2009.
Depuis ces études, on sait enfin que le dioxyde de titane nano ne reste pas sous forme nanométrique lorsqu’il est formulé mais qu’il s’agrège en agrégats et agglomérats de 1 à 3 microns.
 
Classification par le CIRC et risque pulmonaire et rénal
 Le CIRC (Centre international de Recherche sur le Cancer, organe de l’évaluation de l’OMS) a émis l’hypothèse que le dioxyde de titane pourrait être cancérigène s’il entre en contact avec les cellules pulmonaires et l’a classé, en 2006, en 2B, carcinogène possible chez l’homme, par inhalation.
En effet, des études de cancérogenèse chez les rongeurs, dans la trachée desquels on dépose de grandes quantités de dioxyde de titane, montrent la survenue de cancers chez l’animal. A l’inverse, toutes les études chez l’homme, sauf une, ne montrent pas de surmortalité par cancer du poumon ni du rein chez les travailleurs exposés au dioxyde de titane.

Protection des travailleurs
Les ingrédients cosmétiques qui sont utilisés à l’échelle nanométrique sont obtenus de telle manière qu’il n’y a pas de contact avec l’homme lors de leur fabrication.
Ensuite, pour manipuler ces ingrédients, les laboratoires cosmétiques bénéficient de systèmes de protection adaptés et tout est mis en place pour éviter l’inhalation de ces matériaux.
De plus, un guide de Bonnes Pratiques sur la prévention des risques liés à la mise en œuvre de nanomatériaux dans l’industrie cosmétique (Juillet 2012) a été élaboré par la FEBEA.
 
Un débat public pour s'informer
Lors du Grenelle Environnement, le groupe de travail constitué autour du thème "instaurer un environnement respectueux de la santé" avait proposé l’organisation d’un débat public sur les nanomatériaux.
Cette idée fut retenue et inscrite dans le projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle Environnement (article 37). Il fut aussi décider que la conduite du débat serait assurée par une autorité indépendante, la Commission nationale du débat public, afin d'assurer un débat au caractère large et transparent.
Le débat public sur les nanotechnologies s'est ouvert le 16 octobre 2009. Il s'est terminé le 24 février 2010.
Pour en savoir plus :
http://www.debatpublic-nano.org/

 

 

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